Les luttes écologistes en France, entre radicalisation et offensive anti-écologie
par Philippe Subra
Résumé :
Les écologistes ont été confrontés en 2025 à une puissante offensive anti-écologie, souvent qualifiée de « backlash écologique ». Le phénomène est mondial. En France, il s’est traduit par le vote de la loi Duplomb, l’assouplissement du « zéro artificialisation nette » et la suppression des « zones à faibles émissions ». Menée de manière coordonnée par la FNSEA, les parlementaires de droite et différents services de l’État, cette offensive se déploie sur trois « fronts » : le vote de nouvelles lois, la répression policière et judiciaire, la communication en direction de l’opinion. Pour y répondre, les militants écologistes ont le choix entre plusieurs options : la poursuite de l’action légale ou la radicalisation vers la désobéissance civile ou des actions violentes. Des stratégies dont on a pu voir, ces dernières années, les limites et les effets pervers. La présidentielle de 2027, si elle est remportée par la droite ou l’extrême droite, pourrait entraîner un nouveau recul des politiques pro-climat et une répression accrue contre les partisans de l’écologie.
Abstract : Environmental struggles in France, between radicalization and anti-environmental offensive
In 2025, environmentalists faced a powerful anti-environmental offensive, often referred to as an "ecological backlash". This phenomenon is global. In France, it manifested itself in the adoption of the Duplomb Law, the weakening of the "zero net land take" policy, and the elimination of "low-emission zones". Coordinated by the FNSEA (National Federation of Farmers’ Unions), right-wing parliamentarians, and various government agencies, this offensive unfolds on three fronts : the enactment of new legislation, police and judicial repression, and communication campaigns targeting public opinion. In response, environmental activists have several strategic choices : continuing legal action or turning toward civil disobedience, or engaging in violent forms of protest. The limitations and unintended consequences of these strategies have become increasingly apparent in recent years. The 2027 presidential election, if won by the right or far right, could further roll back pro-climate policies and intensify repression against environmental advocates.


