HÉRODOTE   Accueil
  Bulletin d'Abonnement
  Institut Français de Géopolitique
  Liste de diffusion Hérodote / IFG

Directeurs

Béatrice Giblin,
Yves Lacoste.

Comité de Rédaction


Frédérick Douzet,
Sonia Jedidi,
Barbara Loyer,
Delphine Papin,
Jean-Luc Racine,
Jérémy Robine,
Philippe Subra,
Frédéric Encel.

Thèmes envisagés*

- Géopolitique de l’Iran
- La France demain
- Amérique Latine
- Le Sahel


* Attention : il ne s'agit pas de titres de numéros à venir et rien ne garantit que de ces thèmes aboutissent un jour à des numéros. -

Les auteurs

A B C D E F G H I J K L M
N O P Q R S T U V W X Y Z

Rechercher



 

128 - Vers une nouvelle Europe de l’Est ?
(premier trimestre 2008)

Voir le sommaire de ce numéro

L’implantation du NPD dans les nouveaux Länder allemands

Delphine IOST

Résumé : L’implantation du NPD dans les nouveaux Länder allemands

Les nouveaux Länderallemands peinentdepuis la réunification à générer une croissance auto-entretenue et les régions ruralessouffrent particulièrement du chômage. Dansce contexte, les partis politiques d’extrêmedroite profitent du manque de perspectivespour mobiliser une partie de l’électorat dansl’optique d’un vote protestataire. Le NPD(Nationaldemokratische Partei Deutschlands,Parti national-démocrate), qui ne jouait plusqu’un rôle marginal sur la scène politiquerégionale depuis la fin des années 1960, aréussi à obtenir plusieurs mandats de députés lors des élections au parlement de Saxeen 2004 et à celui du MecklembourgVorpommern en 2006. Cette visibilitéaccrue du NPD peut se comprendre par laconjonction de plusieurs facteurs. En s’appuyant sur des personnalités locales et enconcentrant ses moyens logistiques, le NPDa réussi à créer les conditions favorables à lapropagation de son discours qui associe ladoctrine classique de l’extrême droite à desthèmes spécifiques à la situation socio-économique des nouveaux Länder.

Abstract : The establishment of theNational Democratic Party in the new German Länder

Since the reunification, the new GermanLänder struggle to keep a self-generatedgrowth and rural areas suffer particularly fromunemployment. In this context, politicalparties from the extreme right take advantagefrom the lack of perspectives to gather a partof the electorate in view of a vote of protest.The NDP, which was only playing amarginal role in the regional political scenesince the 60s, has managed to obtain severalmembers’ mandates during the elections ofthe Parliament of Dresden in 2004 and theMecklenburg-Vorpommern in 2006. Thisincreased visibility of the NDP can beexplained by the conjunction of severalfactors. In relying on local personalities and inconcentrating its logistical means, theNDPhas succeeded in creating favourableconditions to the spreading of its ideas,associating the classic doctrine of the extremeright with specific themes of the socialeconomic situation of the new Länder.

Article complet

Dans la nuit du samedi 19 au dimanche 20août 2007, lors de la fête annuelle de la petite ville de Mügeln (5000 habitants) en Saxe, huit Indiens ont été agressés par un groupe de jeunes et, selon Kai Biermann du journal Die Zeit, sous les applaudissements de la foule. L’intervention de soixante-dix fonctionnaires de police en tenue antiémeute sera nécessaire pour disperser le groupe. Cette agression à caractère xénophobe a réactivé le débat au sujet de l’extrême droite en Allemagne. Un an après la déclaration d’Uwe-Karsten Heye, ancien porte-parole du gouvernement Schröder qui, à l’occasion de la Coupe du monde de football, mettait en garde les étrangers contre les risques d’agressions racistes dans certaines villes de l’ex-RDA, la polémique au sujet de l’implantation des idées d’extrême droite dans les nouveaux Länderest ravivée (carte 1).


La médiatisation de l’agression de Mügeln est sans doute liée au fait que l’implantation de l’extrême droite en Saxe y est particulièrement visible du fait que le NPD (Nationaldemokratische Partei Deutschlands) siège au parlement régional depuis septembre2004. Ce parti à l’idéologie nationaliste affirmée a réussi à obtenir 9,2% des suffrages lors de ces élections ; douze députés d’extrême droite ont été élus par les citoyens de ce Landde l’Est. Et, en 2006, le NPD entrait au parlement de Schwerin (Mecklembourg-Vorpommern) en recueillant 7,3% des voix. Pour comprendre comment ce parti d’extrême droite a pu à nouveau obtenir une visibilité sur la scène politique allemande, alors même qu’il ne dépassait pas les 2% à 3% des suffrages depuis les années 1960, il faut analyser sa stratégie d’implantation au niveau local. Car la réussite du NPD lors de ces deux élections est le fruit d’une stratégie d’ancrage, menée avec de nombreux moyens, matériels et humains, dans le but déclaré de s’imposer durablement dans le paysage politique d’abord au niveau local, puis régional et, à terme, national.

L’analyse de la stratégie d’implantation du NPD dans ces deux Länder permet de comprendre comment ce parti a réussi à tirer profit d’une situation socio-économique favorable à l’expression d’un vote protestataire. La Saxe et le Mecklembourg-Vorpommern ont tous deux vécu la dictature communiste, ont subi la désindustrialisation après 1989 et souffrent d’un taux de chômage élevé. Pourtant, des différences majeures existent, tant dans l’expérience de la période communiste que dans celle qui a suivi la réunification. La Saxe, région précocement industrialisée, a réussi à attirer les investisseurs en nombre après la chute du Mur et l’ancien ministre-président conservateur, Kurt Biedenkopf, a su flatter la fibre régionaliste des Saxons. À l’inverse, le Mecklembourg-Vorpommern, resté très marqué par l’agriculture, fait figure de « lanterne rouge » de l’Allemagne : il affiche le taux de chômage le plus élevé (17%). Cette région autrefois très conservatrice semble désormais bien ancrée à gauche, ayant conduit à deux reprises au pouvoir une coalition entre sociaux-démocrates et néocommunistes. L’entrée au parlement du NPD dans ces deux Länderaux profils très différents, bien qu’appartenant tous deux à l’ancienne RDA, relève d’une véritable stratégie politique de conquête du pouvoir.

Une stratégie de conquête du territoire

Depuis l’arrivée d’Udo Voigt à la tête du NPD en 1996, le parti a développé et mis en pratique une théorie visant à s’imposer dans le paysage politique allemand : la « théorie des trois piliers » (Drei-Säulen-Strategie), décidée lors du congrès de Stavenhagen en 1998. Cette stratégie d’implantation reposant sur plusieurs facteurs encourage tout d’abord les membres et sympathisants du NPD à diffuser les thèses nationalistes (Kampf um die Köpfe). Ce changement de stratégie politique a permis au NPD de nouer des liens avec certains groupuscules néonazis déjà implantés dans les Länderde l’Est et à organiser conjointement rassemblements et manifestations (Kampf um die Strasse). La multiplication d’actes de violence à caractère xénophobe, ainsi que la propension plus forte dans les nouveaux Länder(rapportée à la population) d’adhérer ou de voter pour un parti d’extrême droite, a encouragé le NPD à mobiliser ses efforts en direction de ces territoires. C’est ainsi qu’il a peu à peu érigé la Saxe en Landmodèle (Modelland) ; après s’être aperçu du potentiel existant dans cette région, le NPD y a concentré ses moyens logistiques et humains pour finalement réussir à y être représenté au parlement régional (Kampf um die Parlamente).

 L’appui sur des structures et des personnalités locales...  

L’implantation en Saxe a donc été un objectif avoué du NPD. D’après l’Office de protection de la Constitution de Saxe [1], le parti aurait été présent dans le Land dès les « manifestations du lundi [2] » à Leipzig en 1989, auxquelles plusieurs membres du NPD auraient participé. Dès septembre1990, le NPD fondait à Leipzig sa première antenne régionale en Saxe. La multiplication des groupuscules d’extrême droite au début des années 1990 n’a toutefois pas permis au NPD d’acquérir rapidement une visibilité importante. Dans les nouveaux Länder, au cours des années 1990, la scène d’extrême droite a été caractérisée par la constitution de nombreux groupes nommés Kameradschaften(« camaraderies ») sur une structure à la fois très hiérarchisée et assez nébuleuse. Les interdictions et dissolutions successives imposéespar la justice dans les années 1990 ont favorisé cette organisation en réseau, difficile à identifier pour les personnes extérieures au milieu. Si des Kameradschaftensont recensées sur l’ensemble du territoire des nouveaux Länder, il semblerait toutefois que la Saxe, et plus particulièrement les alentours de Dresde, soit un des lieux où se concentre ce type d’organisations.

L’intérêt du NPD pour les nouveaux Länder- qu’il tient d’ailleurs à nommer [3]de moyens matériels et humains réduits, les dirigeants du parti ont décidé de faire porter leurs efforts sur une seule région. Au cours des années 1990, plusieurs cadres du parti sont venus s’installer en Saxe pour y diriger les sections locales nouvellement fondées. Ces cadres, bien formés à la rhétorique politique, capables de discourir, ont réussi à attirer certaines personnalités locales. Uwe Leichsenring est l’exemple type de ces habitants des nouveaux Länderqui ont décidé de s’investir en politique pour le NPD. Dès 1990, il adhère au Parti national-démocrate et, un an plus tard, il devient le secrétaire de la section locale de la Suisse saxonne (région rurale au sud de Dresde). Dès 1999, il est élu au conseil municipal (Stadtrat) de Königstein où il possède une auto-école. Uwe Leichsenring est une personnalité appréciée qui, grâce à son activité, est en contact régulier avec les jeunes des environs. Il mène une propagande active en faveur du NPD et Königstein devient le symbole du succès de l’extrême droite dans les régions rurales de l’Allemagne de l’Est. En 2004, Uwe Leichsenring est élu député au parlement (Landtag)de Dresde mais il meurt peu après dans un accident de voiture. Néanmoins, il aura contribué à ancrer le NPD dans sa ville. En effet, Königstein est désormais l’une des villes allemandes où le parti recueille parmi ses meilleurs scores quelle que soit l’élection. Il a obtenu 7,8% des premières voix dans la ville lors des élections du Bundestag de 2006.

Si Uwe Leichsenring est la personnalité la plus souvent citée en exemple de cet appui local obtenu par l’appareil politique du NPD, il en existe d’autres. Ainsi, derrière chaque bastion du NPD, se trouve presque toujours une personnalité locale. À Reinhardtsdorf-Schöna, toujours dans la région de la Suisse saxonne, le NPD doit en grande partie son succès à l’activisme de Michael Jacobi, un électricien qui possède sa propre entreprise et qui siégeait déjà au conseil communal avant d’adhérer au NPD. Et à Sebnitz, toujours en Suisse saxonne, Johannes Müller tient un cabinet médical ; en tant que médecin et ancien membre de la CDU, il fait figure de personnalité respectée et écoutée dans cette ville.

Holger Apfel, vice-président du NPD, a beaucoup contribué à l’implantation du NPD en Saxe. En tant que rédacteur en chef de l’organe de propagande du parti, la Deutsche Stimme, il a très certainement participé à la décision de déménager la maison d’édition du NPD de Bavière à Riesa située à environ 100 kilomètres au nord de Dresde. Holger Apfel a également dirigé l’organisation de jeunesse du NPD, les Jeunes nationaux-démocrates (Junge Nationaldemokraten), dans la seconde moitié des années 1990. Cette organisation a désormais son siège à Dresde et permet au NPD de multiplier les contacts avec les Kameradschaften présentes dans la région. Thomas Rackow, un des responsables actuels des Junge Nationaldemokraten, est l’ancien chef des Skinheads Sächsischer Schweiz (SSS) une Kameradschaftqui a été dissoute sur décision de justice.

Cette collaboration accrue avec une partie des Kameradschaftenest directement issue du tournant programmatique du NPD décidé en 1996 avec l’arrivée à la tête du parti d’Udo Voigt et correspond à la politique du Volksfront von rechts (front populaire de droite). Jusqu’à cette date, la collaboration avec ces groupuscules extrémistes était jugée inacceptable par les différents partis d’extrême droite qui cherchaient à acquérir une certaine respectabilité. Udo Voigt a au contraire encouragé ces contacts avec des groupuscules qui s’efforçaient depuis plusieurs années déjà de pallier la dissolution des organisations de jeunesse de la RDA en proposant des activités de loisirs comme des feux de camps ou des randonnées. Le extrémistes en s’appuyant sur des personnalités déjà établies dans la région comme Uwe Leichsenring qui a personnellement beaucoup contribué à faire entrer dans le giron du parti de nombreux membres des Kameradschaften. Cette collaboration prend de multiples formes, le NPD participe ainsi chaque année à la manifestation contre le bombardement de Dresde par les Alliés organisée par les Junge Landsmannschaft Ostpreussen (jeunes patriotes de la Prusse orientale) dont le président était jusqu’en 1997 Jürgen Gansel, député du NPD au parlement saxon. Le NPD a également aidé financièrement à l’organisation de concerts ou à des projets de réhabilitation de bâtiments abandonnés. En contrepartie, certains membres des Kameradschaftenont apporté une aide logistique au NPD lors des campagnes électorales en Saxe et au Mecklembourg en aidant au collage des affiches.

... permet au NPD de mettre en pratique sa stratégie électorale  

Dans un certain nombre de villes, le NPD dispose donc, depuis le début des années 2000, de militants particulièrement actifs et compte, avec mille adhérents en 2005, le contingent d’adhérents le plus important au niveau de l’Allemagne (un sixième de l’effectif total) ; le parti décide donc de présenter un certain nombre de candidats aux élections communales de Saxe en 2004. Le NPD est crédité de 25% des suffrages à Reinhardtsdorf-Schöna et de près de 20% à Königstein ; au total, le parti obtient 40 mandats, quadruplant ainsi son score de 1999. Forts de ce succès, les dirigeants du NPD décident de mobiliser leurs efforts en vue de la campagne pour les élections régionales qui ont lieu quelques mois plus tard, à l’issue desquelles le Parti national-démocrate obtient 12 mandats de députéset 9,2% des voix au niveau du Land. Mais la répartition des résultats montre que le Parti national-démocrate est bien implanté dans les petites villes tandis qu’il n’arrive guère à percer à Leipzig, Dresde ou Chemnitz.

En 2004, des élections communales sont également organisées en MecklembourgVorpommern : à la surprise générale, le NPD y obtient dix mandats. Si l’implantation en Saxe relevait d’une tactique avérée du parti ayant mobilisé la majeure partie de ces cadres, le résultat obtenu en Mecklembourg étonne jusque dans les rangs de ses partisans. Certes, la DVU (Deutsche Volksunion) s’était désistée au profit du NPD comme en Saxe, conformément à l’accord de désistement mutuel passé entre les dirigeants des deux partis (Deutschlandspakt),mais cela ne suffisait pas à expliquer un tel succès. En 2004, le NPD compte près de mille membres en Saxe contre seulement une centaine au Mecklembourg, ce qui est bien trop peu pour pouvoir mener une campagne électorale très active.

En Mecklembourg-Vorpommern, une scène d’extrême droite composée de Kameradschaftenet de Bürgerinitiatives’est développée et renforcée au long des NPD a donc cherché à entrer en contact pour gagner à sa cause ces groupuscules années 1990. Dans les régions rurales ou les petites villes, les groupuscules d’extrêmedroite s’efforcent de mener une action « citoyenne » en aidant les plus âgés à porter leurs courses ou à « assurer la sécurité » des lieux publics. Le stéréotype du néonazi au crâne rasé portant chaussures militaires et blouson bomber n’est plus qu’un souvenir. Les jeunes nationaux portent désormais les cheveux très courts et sont habillés de manière moins voyante, utilisant la marque de vêtements Thorsteinar comme signe de reconnaissance.

Fort de ses dix mandats locaux, l’appareil du NPD prend peu à peu de l’ampleur au Mecklembourg-Vorpommern en vue des élections régionales de 2006. Le nombre d’adhérents double pour atteindre deux cents en 2005. Cela est en grande partie dû à l’adhésion au NPD de responsables de Kameradschaftenou de Bürgerinitiative, organisations dont le nom plus rassurant n’en cache pas moins des préoccupations similaires aux premières. Le NPD utilise ainsi ces nouveaux ralliements pour pallier son manque de personnel dans la région ; au début de l’année 2006, le parti n’était présent que dans cinq cantons(Kreis)sur les dix-huit que compte le Land. Certains jeunes extrémistes se voient proposer des places en bonne position sur les listes électorales. Le second d’Udo Pastörs (président du groupe parlementaire) n’est autre que Tino Müller, jeune homme de 29 ans, porteparole de l’association (Bürgerinitiative)« Schöner und sicherer wohnen in Ueckermünde » (vivre mieux et en sécurité à Ueckermünde) et le chef de la Kameradschaft « Nationalgermanische Bruderschaft » (fraternité germanique nationale), l’une des deux Kameradschaften présentes à Ueckermünde (Fischer). La Bürgerinitiative« Schöner und sicherer wohnen in Ueckermünde » a été fondée au cours de l’été 2003 pour protester contre la construction prévue d’un foyer de demandeurs d’asile en centre-ville ; jusqu’alors les foyers se trouvaient dans la périphérie des villes en Mecklembourg-Vorpommern. La Bürgerinitiativefait circuler une pétition et réussit à obtenir environ deux mille signatures dans une ville qui compte alors 10800 habitants[Fischer, 2006].

L’engagement de certains des membres du NPD est mis en avant par le parti et lui permet de se donner l’image d’être proche des préoccupations des habitants. Dans cette même perspective, le travail des élus locaux est systématiquement mis en valeur par le parti. Le travail des élus locaux représente un double intérêt pour le NPD. D’une part, assister aux assemblées et participer en proposant des motions permet aux cadres du parti d’acquérir une expertise en matière politique et juridique. D’autre part, le nombre parfois important de motions défendues -comme à Anklam où Michael Andrejewski est particulièrement actif - permet au NPD de se présenter comme l’« avocat des petites gens ». Mais tous les élus locaux du NPD ne s’investissent pas aussi sérieusement dans leur tâche et certains se donnent à peine la peine de siéger. Le parti semble toutefois chercher à encourager ses représentants à être actifs. En 2003, il fonde l’« Union politique communale » (Kommunalpolitische Vereinigung, KPV) sous la direction de Peter Marx, alors président du NPD en Sarre et actuel collaborateur du NPD au parlement de Schwerin. Le KPV regroupe tous les élus locaux du NPD et se donne pour but de les mobiliser plus fortement dans leur rôle d’élu local et de contribuer à faire émerger une stratégie commune (Buchstein). Le fait que les élus locaux duNPD tentent de faire passer leurs idées par la voie légale aide le parti à se présenter comme une formation politique respectable qui joue le jeu de la démocratie. Cet ancrage dans quelques municipalités a considérablement aidé le NPD à augmenter sa visibilité sur la scène politique de Saxe et du MecklembourgVorpommern.

La campagne électorale qui a abouti à l’entrée du NPD au parlement saxon aété menée grâce à l’aide logistique apportée par les Kameradschaften. En Mecklembourg-Vorpommern, ce sont les cadres du parti, et notamment certains élus saxons, qui se sont mobilisés pour apporter une aide matérielle, financière et logistique à la campagne. Plusieurs personnalités du NPD saxon se sont déplacées afin de prononcer des discours et Holger Apfel lui-même aurait quelque temps résidé à Anklam. L’aide apportée par le NPD saxon s’est poursuivie après les élections régionales ; les élus de Schwerin se sont vu proposer un stage au parlement de Dresde. En 2003, Karl Richter (chargé des relations avec la presse pour le groupe parlementaire) et Jürgen Gansel (député) ont fondé à Dresde la Dresdner Schule, une école de pensée qui se veut prendre l’exact contre-pied de l’école deFrancfort de Marx Horkheimer et Theodor Adorno. Cette école de pensée s’efforce de théoriser les idées défendues par le NPD et se veut un « centre de cristallisation intellectuelle » au sein du groupe parlementaire saxon. Le NPD dispose en effet de personnels compétents ayant poursuivi des études universitaires et cherche ainsi à mettre en valeur le potentiel intellectuel de ses cadres. Des stages sont donc organisés dans les locaux du NPD au parlement de Dresde afin de former les cadres du parti. Udo Pastörs, qui préside le groupe parlementaire à Schwerin, horloger de formation, a suivi un de ces stages. La professionnalisation des élus et la recherche de respectabilité se traduisent également dans les brochures éditées par les deux groupes parlementaires du NPD, dans lesquelles le parti met en valeur les propositions défendues. Ces brochures regroupent les débats pléniers à l’occasion des motions présentées par le parti. L’une d’entre elles, intitulée « ensemble pour une Saxe sociale », illustre bien la mise en valeur des thématiques économiques et sociales par le NPD dans les nouveaux Länder.

Un discours adapté à la situation socioéconomique des nouveaux Länder

Le NPD a pour but avoué l’instauration d’un nouvel ordre politique en Allemagne ; la démocratie est entendue par le parti comme la « souveraineté du peuple » (Volksherrschaft) et la société doit constituer une « communauté du peuple » (Volksgemeinschaft). Le modèle de société proposé relève donc d’une logique totalitaire et les précautions oratoires prises par les cadres du parti ne doivent pas faire perdre de vue cet objectif. D’après l’Office de protection de la Constitution de Saxe, « le NPD est un parti d’extrême droite avec une orientation en partie nationale-socialiste ». Pourtant, il serait faux d’affirmer que les électeurs du NPD ne sont qu’un ramassis de nostalgiques du IIIeReich. Ce sont les conditions économiques et sociales très difficiles qui ont favorisé l’implantation du NPD en récupérant le vote protestataire. Le noyau de l’électorat du NPD représente environ 4% du corps électoral. Pourtant, des trois partis d’extrême droite que compte l’Allemagne, c’est tout de même le plus radical qui réussit à attirer à lui l’électorat des nouveaux Länder(sauf en Brandebourg où la DVU domine depuis le milieu des années 1990). En effet, la DVU et les Republikaner qui représentent le courant de la « nouvelle droite » sont nettement devancés par le NPD à Berlin, en Saxe, en Saxe-Anhalt ou en Mecklembourg-Vorpommern. L’adhésionou tout du moins l’indifférence à l’égard des thèses xénophobes et totalitaires développées par le parti est une réalité, même si ces dernières sont reléguées à l’arrière-plan, les programmes et les discours occupant toujours plus ouvertement les thèmes d’égalité et de justice sociale.

 Les thèmes classiques de l’extrême droite...  

Le NPD développe tout d’abord une rhétorique populiste consistant à dénoncer l’action politique des différents partis qui se sont succédé au pouvoir. Les partis politiques de gouvernement seraient ainsi coupables du chômage persistant en Allemagne. Dans l’avant-propos même de l’Aktionsprogrammdu NPD, Udo Voigt affirme dès la première phrase que les « partis établis » (die etablierten Parteien)ne sont pas en mesure de résoudre les problèmes du pays, renvoyant dos à dos les différents courants politiques, néocommunistes y compris. Le NPD se présente donc comme le seul à apporter une réelle solution aux problèmes de l’Allemagne face à une classe politique incapable et corrompue.

À l’instar de tous les partis nationalistes, le NPD préconise une politique axée sur l’homogénéité de la nation et refuse l’immigration. Certains slogans tels que « Arbeitsplätze zuerst für Deutsche » (« Des emplois d’abord pour les Allemands ») sont régulièrement utilisés par les nationaux-démocrates. Dans son Aktionsprogrammle parti va plus loin et présente son plan en cinq points pour le rapatriement des étrangers dans leur pays d’origine. Néanmoins, le NPD, comme la majorité des partis d’extrême droite, cherche aujourd’hui à atténuer son caractère raciste et xénophobe. Des slogans tels que « Ausländer raus » sont remplacés par une argumentation visant à dénoncer la société multiculturelle. Le NPD compense désormais presque systématiquement son propos sur le danger de l’immigration pour les Allemands par une critique de la politique d’« intégration forcée » (Zwangsintegration)menée par les gouvernements successifs et les dommages qu’elle cause aux autres cultures. La critique de la société actuelle n’est d’ailleurs pas uniquement axée sur la thématique de l’immigration. Le NPD déplore également l’individualisation de la société allemande, ce thème apparaît même avant celui des communautés étrangères dans son Aktionsprogramm. La société capitaliste serait en premier lieu coupable de la destruction de la « communauté nationale »,des valeurs communes et de la hausse de la délinquance, et non l’immigration. Et lorsque les causes de la « destruction de l’identité nationale » sont nommées, l’américanisation de la culture précède l’« envahissement de la population résidente » (Überfremdung der Wohnbevölkerung). Le NPD semble donc adopter à son tour une terminologie plus policée pour exprimer sa conception raciale de la société. En outre, ce thème semble moins souvent utilisé à l’Est où les étrangers sont moins nombreux.

...sont contrebalancés par la diffusion d’un discours spécifique dans les nouveaux Länder  

Les thèmes diffusés par les militants du NPD dans les nouveaux Ländersont parfois sensiblement différents de ceux exploités à l’Ouest du pays. Ainsi, le révisionnisme, constitutif de l’identité même du parti, n’est pas une idée très fédératrice à l’Est, au contraire des anciens Länderoù cette idée est l’une des principales développées par les militants nationaux-démocrates. Certes, dans les nouveaux Länder, le NPD en lien avec les Kameradschaftenorganise régulièrement des manifestations liées à la dictature nazie et à la Seconde Guerre mondiale. Un des trois rassemblements les plus importants de l’extrême droite allemande est la commémoration annuelle du bombardement de Dresde le 13février. Pourtant, dans les discours et les documents de propagande du parti, lethème n’est pratiquement jamais abordé. Et il est révélateur que les motions liées à cette thématique proviennent quasiment toutes de députés ou d’élus locaux originaires de l’Ouest du pays (Buchstein). La valorisation de la dictature nationale-socialiste par les nationaux-démocrates est même source de tensions au sein du parti. Fin 2005, trois députés du parlement de Dresde se sont retirés dugroupe parlementaire NPD en déclarant qu’ils rejetaient l’attitude de leurs collègues originaires de l’Ouest vis-à-vis du régime NSDAP (Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei).

Le NPD semble valoriser certaines « particularités » des Allemands de l’Est. Karl Richter [4] affirme que les nouveaux Länderseraient restés plus « allemands » que l’Allemagne de l’Ouest américanisée. L’ancienne RDA n’a effectivement pas été influencée d’un point de vue culturel et politique de la même manière que la République fédérale. Afin d’étayer son propos, Karl Richter donne comme exemple les uniformes et les grades de l’armée du peuple de RDA qui étaient restés proches de ceux de la Wehrmacht. Un autre exemple tiendrait dans l’acceptation moindre à l’Est des anglicismes qui truffent la langue allemande. Les nouveaux Länderreprésenteraient une Allemagne plus « authentique » face à une Allemagne de l’Ouest « américanisée ». Une autre facette de l’Allemagne de l’Est est mise en valeur par le NPD : la valeur accordée au collectif, le sens de la solidarité. Cette hypothèse, défendue par nombre de sociologues, est d’ailleurs largement reprise dans la rhétorique du parti néocommuniste. Karl Richter va même plus loin en valorisant directement l’expérience proprement est-allemande. Selon lui, les hommes politiques devraient s’inspirer directement de certaines mesures en vigueur sous le régime communiste comme cette somme d’argent allouée à chaque jeune couple pour leur installation.

Mais le facteur qui explique le mieux l’implantation du NPD dans les nouveaux Länderallemands reste l’utilisation d’une rhétorique économique et sociale bien différente de la nouvelle droite européenne. En 1998, le NPD réalise un « saut sémantique » et se met à utiliser très fréquemment le terme « social » [Fonta, 2000] et développe tout un argumentaire visant à critiquer la mondialisation, le capitalisme responsables du dumping social, de la casse sociale et du chômagepersistant dans le pays. En 2004, deux mois après le début des manifestations contre les réformes des allocations chômage par Gerhard Schröder, le NPD axe sa campagne électorale en Saxe sur la critique de la loi HartzIV. Cela sera également le thème central de la campagne au Mecklembourg-Vorpommern en 2006. Le NPD va même jusqu’à utiliser l’expression du Linkspartei.PDS : « Hartz IV ist Armut per Gesetzt » (« Hartz IV c’est de la pauvreté instaurée par la loi »). Dans l’introduction au second chapitre consacré à la politique sociale et économique de son Aktionsprogrammintitulée « établir la justice sociale - des emplois au lieu de la mondialisation ! », les théoriciens du NPD identifient clairement le chômage comme un problème particulièrement crucial en « Allemagne centrale » et dénoncent les « représentants des partis cartellisés » qui avaient promis l’apparition « des “paysages florissants” du capitalisme ». Dans son discours sur le chômage, le NPD précise souvent que « derrière les statistiques se cachent des destins individuels. [...] Outre la détresse matérielle, le chômage entraîne également une grande détresse psychique. Les politiciens établis ne s’occupent plus de tout cela depuis bien longtemps ». Si les réponses proposées afin de résoudre les problèmes du pays sont résolument nationalistes, les causes de ces problèmes relèvent souvent d’une rhétorique « socialiste ». Et cela contribue à brouiller les pistes dans un contexte politique où le Linkspartei.PDS traite de thèmes parfois semblables. Au parlement de Saxe, le NPD a déposé à plusieurs reprises une motion semblable à celle présentée par le Linkspartei.PDS. Le 21juin 2006, Holger Apfel prenait la parole pour réclamer que les représentants saxons au Bundesrat demandent l’instauration d’un salaire minimum à hauteur de 8,80euros, somme supérieure à ce qui avait été réclamé par le Linkspartei.PDS dans une motion antérieure. Mais, à la différence de la motion présentée par les néocommunistes, le NPD souhaite réserver ce salaire minimum aux travailleurs allemands.

Les pays postcommunistes : un terrain de choix pour l’extrême droite

Si la trajectoire de la République démocratique allemande après 1989 est très différente de celle des pays d’Europe centrale et de l’Est, des points communs existent néanmoins entre ces États qui ont tous vécu la dictature communiste. Dans ces régimes, les mentalités ont été façonnées par un même modèle économique et politique, par une même idéologie et un même modèle étatique. Pourtant, les nouveaux Länder allemands ne sont que très rarement étudiés sous l’angle d’une ancienne démocratie populaire et sont le plus souvent absents des ouvrages traitant de l’Europe postcommuniste. Il est d’ailleurs tout à fait significatif que, dans certains de ces ouvrages (Colas, Bafoil, Michel), il soit fait ponctuellement référence aux nouveaux Länderallemands sans que ces derniers soient tout à fait considérés comme un objet d’étude à part entière. Bien que l’unification de l’Allemagne en 1990 ait fait de l’ex-RDA un cas de figure particulier, des similitudes existent entre les nouveaux Länderet les anciennes démocraties populaires, notamment en ce qui concerne les comportements électoraux : on y observe un taux de participation chroniquement faible et un vote non négligeable en faveur des partis néocommunistes et des formations d’extrême droite.

 Des sociétés bouleversées par la transition...  

L’introduction du système capitaliste a profondément bouleversé les économies des pays postcommunistes et l’apparition du chômage constitue un réel traumatisme pour des sociétés qui connaissaient le plein emploi et où les inégalités sociales étaient faibles et peu visibles. Face au chômage et à la richesse opulente de quelques-uns, on comprend que les couches sociales de la population les plus défavorisées puissent être nostalgiques des anciens régimes communistes. Si l’ostalgieest-allemande, largement exploitée par certaines maisons d’édition, s’apparente plus à un folklore, le fait est que dans les anciennes démocraties populaires les discours valorisant les acquis sociaux des régimes communistes trouvent un large écho. Un sentiment de nostalgie existe donc dans les pays postcommunistes, mais il s’exprime d’une manière très différente d’un État à l’autre. En Allemagne, la nostalgie à l’égard de la vie sous le régime socialiste est totalement assumée tandis qu’en République tchèque elle se fait plus discrète, permettant au parti communiste non réformé de continuer à exister, et qu’en Pologne elle ne passe pas par le biais d’un parti politique [5].

C’est ce processus de désillusion face à l’attente de prospérité et de confort matériel qui peut parfois conduire certains individus à juger leur situation économique de manière particulièrement négative bien que, d’un point de vue objectif, celle-ci se soit trouvée améliorée depuis 1989. Mais pour de nombreux individus, le passage à l’économie de marché a signifié la perte de leur emploi et la marginalisation croissante dans une nouvelle société qui offre de formidables opportunités à ceux qui ont le bagage nécessaire pour les saisir. Le sentiment de dévalorisation face au chômage est particulièrement brutal pour les ouvriers, pivot idéologique des régimes communistes, qui sont brusquement confrontés à la dévalorisation symbolique de l’identité ouvrière et à l’apparition d’un chômage de longue durée chronique. La perte d’emploi contribue à l’exclusion dans le sens où elle interdit l’accès aux anciens lieux de socialisation. Dans les pays d’Europe du Centre et de l’Est, le profil du chômeur est assez homogène : ce sont le plus souvent des individus qui travaillaient soit dans des secteurs industriels devenus obsolètes avec l’ouverture aux marchés occidentaux, soit dans les secteurs en lienavec l’agriculture. Dans ces milieux ruraux, ce sont les villes de moins de 20000habitants qui sont les plus touchées par l’inactivité [Bafoil, 2002]. Ceux qui ont les moyens de partir le font, ceux qui sont obligés de rester ont tendance à se replier sur eux-mêmes (carte 2).

...qui constituent un terreau favorable aux idées d’extrême droite


La désillusion d’une partie de cette population se traduit par un désengagement électoral : les taux de participation lors des élections et plus largement la confiance dans les institutions sont plus faibles qu’en Europe occidentale. La désillusion s’est donc substituée au formidable enthousiasme du début des années 1990 et les affaires de corruption ont alimenté une certaine méfiance envers la politique. Cela alimente le discours de certains partis populistes qui réussissent à canaliser ces mécontentements. C’est ainsi qu’au cours des années 1990 différents partis populistes diffusant un discours xénophobe ont réussi à s’implanter dans le paysage politique des nouvelles démocraties d’Europe de l’Est. L’idéologie de ces formations politiques revêt des caractéristiques parfois fort différentes : rejet de la communauté tsigane pour le SPR-RSC tchèque (Sdruzeni Pro RepublikuRepublikanska Strana Ceskoslovenska, Association pour la République-Parti républicain), collaboration avec les groupuscules néonazis de la part du MIEP (Parti de la justice et de la vie) hongrois ou fondamentalisme religieux de la LPR polonaise (Liga Polskich Rodzin, Ligue des familles polonaises). Certes, leurs résultats électoraux restent relativement marginaux comparés aux succès d’un Jörg Haider en Autriche ou d’un Jean-Marie Le Pen en France, mais ils sont néanmoins sortis d’une position marginale en réussissant à obtenir des mandats de députés.

L’extrémisme de droite en Europe de l’Est se distingue également par la présence importante de groupuscules skinhead. La Hongrie, la Pologne et la République tchèque comptent chacune entre 2000et 4000 personnes affiliées à ces mouvements [Mudde]. Dans certaines régions rurales des nouveaux Länderallemands, certains groupuscules néonazis seraient parvenus à gagner à leurs idées la majorité des jeunes citoyens [Schröder, 1997]. Ces bandes proposant une idéologie ouvertement antidémocratique et xénophobe utilisent la musique pour diffuser leurs idées. Cette évolution se ressent aussi en Russie où la « contre-culture » d’extrême droite semble rallier un large public. Le Parti national-bolchevik (PNB), fondé en 1994, propose ainsi une « troisième voie » qui réunirait« révolution nationale » et « révolution sociale ». S’appuyant notamment sur la personnalité d’Egor Letov, fondateur du groupe de musique punk Grajdanskaïa Oborona, le PNB s’est rapidement imposé comme l’organisation politique la plus influente dans les milieux subculturels russes [Markus Mathyl inLaruelle]. Si, d’un point de vue électoral, la visibilité de l’extrême droite dans les pays postcommunistes reste moindre qu’en Europe de l’Ouest, elle semblerait pourtant être plus violente et radicale comme le montre la présence de groupuscules néonazis ou skinhead, lafréquence des agressions à caractère raciste ou encore la radicalité du discours de ces partis. En outre, la perception de la démocratie comme système qui doit permettre à tous de s’exprimer pourrait également conduire à banaliser les discours xénophobes diffusés par ces formations.

Bibliographie

- BAFOILF., Après le communisme : faillite du système soviétique, invention d’un modèle économique et social en Europe de l’Est, Armand Colin, Paris, 2002.

- BEICHELTT. et MINKENBERGM., « Explaining the radical right in transition : theories of right-wing radicalism and opportunity structures in post-socialist Europe », Frankfurter Institut für Transformationsstudien, Discussion Paper, 2001, 21 p.

- BUCHSTEINH. (dir.), Die NPD in den kommunalen Parlamenten Mecklenburg-Vorpommerns, Steinbecker, 2006.

- COLASD. (dir.), L’Europe postcommuniste, PUF, Paris, 2002.

- FISCHERB., 2006, « Ueckermünde - ein Refugium des Rechtsextremismus ? », Demokratie Politik. Politikwissentschaftliche Arbeitspapiere aus dem Arbeitsbereich Politische Theorie und Ideengeschichte, Heft 2, 2006.

- FONTAN., Les Mouvements d’extrême droite en Allemagne et leurs enjeux géopolitiques, thèse de doctorat soutenue à l’Institut français de géopolitique, 2000.

- LARUELLEM. (dir.), Le Rouge et le Noir. Extrême droite et nationalisme en Russie, CNRS Éditions, Paris, 2007.

- MICHELP. (dir.), Europe centrale, la mélancolie du réel, Autrement, Paris, 2004.

- MUDDEC. (dir.), Racist Extremism in Central and Eastern Europe, Routledge, Londres, 2005.

- SCHRÖDERB., Im Griff der rechten Szene. Ostdeutsche Städte in Angst, Rowohlt, 1997.


[1L’Office de protection de la Constitution (Verfassungsschutz)est un organisme public chargé d’étudier et de surveiller les différents courants extrémistes qui pourraient mettre en péril la démocratie. Outre l’organisme fédéral, des antennes locales existent dans chaque Landet produisent chaque année un rapport.

[2Les « manifestations du lundi » (Montagsdemonstrationen)qui ont rassemblé de nombreux citoyens de la RDA en octobre1989 avaient pour but de réclamer un changement de régime au cri de « Nous sommes le peuple » (Wir sind das Volk).

[3En préférant le terme Mitteldeuschland à Ostdeutschland, ou à la dénomination officielle de neue Länder, le NPD fait implicitement référence aux anciens territoires de l’Est rattachés à la Pologne après 1945.

[4Entretien réalisé le 20février 2006 au parlement de Dresde.

[5Muriel Blaive, intervention du 12juillet 2006 dans le cadre de l’Université d’été du Collegium Minor de Prague, sur le thème de la citoyenneté européenne.

 

Le sommaire de ce numéro :

128 - Vers une nouvelle Europe de l’Est ?
(premier trimestre 2008)

Les résumés et les articles complets :

R Résumé seul                    A Article complet

A présentation par la rédaction Hérodote | Voir la présentation.

A L’est de l’Union européenne par Béatrice Giblin | Voir l'éditorial.

R L’improbable défense européenne par Jean-Sylvestre Mongrenier | Voir le résumé.

R L’Europe et le bouclier antimissile américain : impolitique et désillusions du projet européen par Jean-Sylvestre Mongrenier | Voir le résumé.

R Kaliningrad, tête de pont de l’armée russe face au bouclier antimissile américain ? par Frank Tétart | Voir le résumé.

R Zone de contacts, zone de conflits. Histoire et géopolitique de la frontière russo-lettonne par André FILLER | Voir le résumé.

R Les minorités russes en Estonie, unité et diversification par Vincent DAUTANCOURT | Voir le résumé.

A L’implantation du NPD dans les nouveaux Länder allemands par Delphine IOST | Voir l'article.

R La Slovénie, une nation au-dessus de tout soupçon ? par Laurent HASSID | Voir le résumé.

R Intégration euro-atlantique et géopolitique traditionnelle : le cas de la Bulgarie par Emil KAZAKOV | Voir le résumé.

R La Grèce et les nouveaux Balkans par Michel SIVIGNON | Voir le résumé.

A Le postcolonial et ses acceptions contradictoires dans trois récents recueils d’articles par Yves Lacoste | Voir l'article.

Ce numéro sur cairn.info (payant pendant deux ans, gratuit ensuite ; Attention : mise en ligne tardive)

Selection of Herodote papers with English Full Text (cairn.info)

 

Nous écrire : — abonnements & routage :